Se faire connaître

Faut-il se construire une image, ou juste être soi ?

En bref : Une image léchée ne rassure plus personne : n'importe qui peut s'en fabriquer une. Ce à quoi les gens s'attachent, c'est la personne derrière — ses doutes compris.

Le branding est mort

26 mai 2026 · 6 min de lecture

Pendant vingt ans, on a expliqué aux artistes qu'il fallait « travailler son image » : une charte, un ton, une esthétique tenue au millimètre. Ça marchait quand fabriquer une image demandait de l'argent et du métier.

Ce n'est plus le cas. N'importe qui peut se fabriquer une image léchée en une soirée, et tout le monde le sait. Une image parfaite ne prouve donc plus rien — elle est même devenue un peu suspecte.

Ce qui a remplacé l'image

Les gens ne s'attachent pas à une charte graphique. Ils s'attachent à quelqu'un. Et ce qui les accroche, c'est le moment où tu dis quelque chose de vrai.

Ce qui te distingue, c'est ce que tu es le seul à pouvoir raconter.

Un artiste qui publie une photo parfaite de son concert obtient des félicitations. Le même artiste qui raconte qu'il a joué devant onze personnes et ce que ça lui a fait obtient des messages privés.

Le piège de l'authenticité fabriquée

Attention : « être vrai » est devenu une technique, et ça se sent. Une vulnérabilité calculée pour l'engagement se repère en trois secondes.

La différence est simple : est-ce que tu racontes ça parce que c'est vrai, ou parce que ça devrait marcher ? Si c'est la seconde, ça ne marchera pas.

Ce que ça change pour toi cette semaine

Ne refais pas ta charte. Prends une chose que tu as vécue ces quinze derniers jours et qui n'était pas glorieuse — une salle vide, un morceau que tu n'arrives pas à finir, un refus — et raconte-la sans chercher la morale à la fin.